Mon sexe et moi…

autobiographie physique, sexuelle et sentimentale

10 mai 2008

De la débauche

Plusieurs de vos commentaires suggérant des réflexions philosophiques, en cette triste époque de retour de l'ordre moral, je ne résiste pas à vous livrer cette page du marquis de Sade extraite de "La philosophie dans le boudoir" et de son célèbre Cinquième dialogue.

Vous en ferez l'usage qui vous semblera bon.

"Détaillons maintenant et commençons par analyser la pudeur, ce mouvement pusillanime, contradictoire aux affections impures. S'il était dans les intentions de la nature que l'homme fût pudique, assurément elle ne l'aurait pas fait naître nu; une infinité de peuples, moins dégradés que nous par la civilisation, vont nus et n'en éprouvent aucune honte; il ne faut pas douter que l'usage de se vêtir n'ait eu pour unique base et l'inclémence de l'air et la coquetterie des femmes ; elles sentirent qu'elles perdraient bientôt tous les effets du désir si elles les prévenaient, au lieu de les laisser naître; elles conçurent que, la nature d'ailleurs ne les ayant pas créées sans défauts, elles s'assureraient bien mieux tous les moyens de plaire en déguisant ces défauts par des parures; ainsi la pudeur, loin d'être une vertu, ne fut donc plus qu'un des premiers effets de la corruption, qu'un des premiers moyens de la coquetterie des femmes. Lycurgue et Solon, bien pénétrés que les résultats de l'impudeur tiennent le citoyen dans l'état immoral essentiel aux lois du gouvernement républicain, obligèrent les jeunes filles à se montrer nues au théâtre. Rome imita bientôt cet exemple: on dansait nu aux jeux de Flore; la plus grande partie des mystères païens se célébraient ainsi; la nudité passa même pour vertu chez quelques peuples. Quoi qu'il en soit, de l'impudeur naissent des penchants luxurieux; ce qui résulte de ces penchants compose les prétendus crimes que nous analysons et dont la prostitution est le premier effet. Maintenant que nous sommes revenus sur tout cela de la foule d'erreurs religieuses qui nous captivaient et que, plus rapprochés de la nature par la quantité de préjugés que nous venons d'anéantir, nous n'écoutons que sa voix, bien assurés que, s'il y avait du crime à quelque chose, ce serait plutôt à résister aux penchants qu'elle nous inspire qu'à les combattre, persuadés que, la luxure étant une suite de ces penchants, il s'agit bien moins d'éteindre cette passion dans nous que de régler les moyens d'y satisfaire en paix. Nous devons donc nous attacher à mettre de l'ordre dans cette partie, à y établir toute la sûreté nécessaire à ce que le citoyen, que le besoin rapproche des objets de luxure, puisse se livrer avec ces objets à tout ce que ses passions lui prescrivent, sans jamais être enchaîné par rien, parce qu'il n'est aucune passion dans l'homme qui ait plus besoin de toute l'extension de la liberté que celle-là. Différents emplacements sains, vastes, proprement meublés et sûrs dans tous les points, seront érigés dans les villes; là, tous les sexes, tous les âges, toutes les créatures seront offerts aux caprices des libertins qui viendront jouir, et la plus entière subordination sera la règle des individus présentés; le plus léger refus sera puni aussitôt arbitrairement par celui qui l'aura éprouvé. Je dois encore expliquer ceci, le mesurer aux mœurs républicaines; j'ai promis partout la même logique, je tiendrai parole.

    Si, comme je viens de le dire tout à l'heure, aucune passion n'a plus besoin de toute l'extension de la liberté que celle-là, aucune sans doute n'est aussi despotique; c'est là que l'homme aime à commander, à être obéi, à s'entourer d'esclaves contraints à le satisfaire; or, toutes les fois que vous ne donnerez pas à l'homme le moyen secret d'exhaler la dose de despotisme que la nature mit au fond de son cœur, il se rejettera pour l'exercer sur les objets qui l'entoureront, il troublera le gouvernement. Permettez, si vous voulez éviter ce danger, un libre essor à ces désirs tyranniques qui, malgré lui, le tourmentent sans cesse; content d'avoir pu exercer sa petite souveraineté au milieu du harem d'icoglans ou de sultanes que vos soins et son argent lui soumettent, il sortira satisfait et sans aucun désir de troubler un gouvernement qui lui assure aussi complaisamment tous les moyens de sa concupiscence. Exercez, au contraire, des procédés différents, imposez sur ces objets de la luxure publique les ridicules entraves jadis inventées par la tyrannie ministérielle et par la lubricité de nos Sardanapales: l'homme, bientôt aigri contre votre gouvernement, bientôt jaloux du despotisme qu'il vous voit exercer tout seul, secouera le joug que vous lui imposez et, las de votre manière de le régir, en changera comme il vient de le faire.

    Voyez comme les législateurs grecs, bien pénétrés de ces idées, traitaient la débauche à Lacédémone, à Athènes; ils en enivraient le citoyen, bien loin de la lui interdire; aucun genre de lubricité ne lui était défendu, et Socrate, déclaré par l'oracle le plus sage des philosophes de la terre, passant indifféremment des bras d'Aspasie dans ceux d'Alcibiade, n'en était pas moins la gloire de la Grèce. Je vais aller plus loin, et quelque contraires que soient mes idées à nos coutumes actuelles, comme mon objet est de prouver que nous devons nous presser de changer ces coutumes si nous voulons conserver le gouvernement adopté, je vais essayer de vous convaincre que la prostitution des femmes connues sous le nom d'honnêtes n'est pas plus dangereuse que celle des hommes, et que non seulement nous devons les associer aux luxures exercées dans les maisons que j'établis, mais que nous devons même en ériger pour elles, où leurs caprices et les besoins de leur tempérament, bien autrement ardent que le nôtre, puissent de même se satisfaire avec tous les sexes."

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06 mars 2008

Du sentiment

Depuis quelques temps, me semble-t-il, mes souvenirs tendent à devenir sentimentaux. S'attendrir sur soi-même, rien de pire. Le plaisir du sexe, s'il ne s'oppose pas au sentiment, n'a pas besoin de lui et la plupart de mes rencontres érotiques en étaient dépourvues. Du moins de ce sentiment mou, gluant, glauque… qui fait partie de la vulgate amoureuse. Pour baiser nul besoin d'aimer. Pour aimer le sexe est indispensable. Ni symétrie ni égalité: souvent j'ai baisé pour baiser. Parfois j'ai aimé. La plupart du temps, non. La sexualité nous est plus fondatrice que les sentiments qui ne réclame que des actes.

Envers la plupart des femmes et des hommes (des hommes surtout, peut-être) avec qui j'ai fait l'amour, je n'ai jamais rien éprouvé d'autre qu'une urgence physique, le besoin irrépressible de me mêler à eux, à leur corps, d'agir sexe à sexe — retour à une animalité primitive si nécessaire à la preuve d'existence. Non que je n'ai parfois, après l'amour, éprouvé quelque chose comme une reconnaissance du plaisir ressenti, une satisfaction du corps débordant sur l'être affectif poussant à rester quelques minutes encore dans la sueur et la plénitude rassasiée l'un de l'autre. Mais la plupart du temps, rien de tel, au contraire, je ressentais souvent une certaine gêne à me séparer, trouvant presque incongru de me voir alors avec cet autre pour lequel, plaisir pris, je n'éprouvais plus rien et dont il me tardait de me détacher.

L'amour est toute autre chose que je n'ai que très rarement éprouvé.

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08 janvier 2008

De l'amour et du sexe

Voilà un thème qu'il faudra bien aussi que je me décide à aborder un jour tant mes expériences-aventures en ce domaine m'ont laissé de souvenirs variés.

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12 décembre 2007

Transitions

Promis, je vais m'expliquer sur ce point mais sans votre soutien et vos commentaires même si je ne comprends pas toujours leur objet, c'est même en effet parfois un peu déprimant, vulgarités, injures, pire encore commerce et publicité prenant le pas sur la sensualité de l'échange. Mes lecteurs sont en effet eux mêmes des "objets" — que personne ne s'en offusque — transactionnels non transitionnels… Je vais  m'expliquer là-dessus. J'ai commencé mais vous savez comme le temps passe et combien la vie est parfois prenante, y compris pour des activités non érotiques sans intérêt.

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11 décembre 2007

Éjaculation intellectuelle

Comment  ne pas parler aussi des rapports entre l'érotisme et l'intelligence? Je sais en effet pour l'avoir fréquemment expérimenté qu'il y a un lien étroit entre ces deux activités humaines. Cependant le terme "intelligence" n'est peut-être pas le mieux choisi, disons que je ferais mieux de dire "stimulation intellectuelle" car dans ce cas le lien fonctionne dans les deux sens, il y a une intelligence de l'érotisme, profonde, profondément sensuelle et une sensualité érotique évidente de l'activité intellectuelle. Là encore, plutôt que des discours philosophiques, il est peut-être préférable de donner quelques anecdotes.

La création me fait bander, au sens le plus trivial, matériel, du terme. Lorsqu'en effet il m'arrive de réaliser quelque chose de difficile et qui me satisfait, j'éprouve la même sensation physique devant cette abstraction que devant le corps nu d'une belle femme ou celui d'un bel homme jeune. Je jouis. C'est dans les activités les plus abstraites que cette jouissance se manifeste avec le plus de force : résoudre un problème ardu de mathématiques, trouver la solution d'un problème sur un échiquier, réussir à construire un algorithme informatique complexe m'amène toujours au bord de l'éjaculation. C'est une sensation physique étrange comme si un fluide (une onde, une vibration) partant du cerveau en train de travailler descendait le long de ma colonne vertébrale et s'arrêtait, s'accumulait au niveau des testicules, les remplissant lentement au point qu'il faille, de façon inévitable, un moment les vider. Dans les moments les plus intenses de cet état intellectuel érotique, il faut que je me caresse: je ne peux continuer à penser, créer sans me caresser et cette caresse accroit la capacité intellectuelle. Le summum se résoud dans l'éjaculation comme si, le cri du "Euréka" trouvait son double immédiat dans l'explosion sexuelle.

L'homme ne fait qu'un: cerveau et sexe et je ne jouis jamais autant que lorsque j'imagine jouir, lorsque l'imaginaire de la jouissance se fond avec cette jouissance elle-même.

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23 novembre 2007

la peau

Mon premier plaisir érotique est de goûter la saveur sans cesse renouvelée de la peau sur la peau. Je ne veux pas parler du goût de la peau que procure la sensation sublime d'une peau léchée, mordillée, respirée mais de celle directe, immédiate de la peau au contact de la peau ou plutôt des peaux sur des peaux car, suivant la partie du corps concernée, les sensations des peaux peuvent être très différentes: doigts sur l'aréole d'un sein, cuisse contre cuisse, main sur un ventre ou un sein, nez contre nez, cuisse sur un ventre, paume contre paume, paume sur l'arrondi sublime d'une fesse, et cette caresse toujours inouïe du bout sensible des doigts sur la peau électrique des testicules, sans parler des sensibilités inouïes du prépuce… autant de variations inépuisables et chaque fois aussi constantes. Et ne parlons pas des muqueuses…

A l'opposé du sens un peu trop alimentaire du goût, que l'on ne peut ni ralentir ni retenir, qui n'est pas réversible, et dépend si goulument de la plénitude de la poche stomacale, la peau est un admirable organe étendu, mince et subtil, le seul qui puisse, pour ainsi dire, jouir de son organe jumeau: d'autres peaux, d'un grain égal ou différent, d'une tactilité, d'un dépoli sensible… Le regard seul a cet immédiat dans la réponse…, mais voir est si différent d'être vu; cependant que toucher est le même geste qu'être touché…

Et cependant les poètes et grands imaginaires, si féconds en échanges d'âmes à travers les prunelles, à travers des mots et la voix, à travers des moments spasmodiques si grossièrement réglés par la physiologie, — les poètes ont peu chanté l'immédiat, le charme, la jouissance de la peau, de la peau sur la peau, grain à grain, pore à pore.

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08 septembre 2007

Transports érotiques

Ce qui m'est le plus demandé en ce moment c'est le "sexe dans le métro". J'ai déjà eu l'occasion de raconter une anecdote à ce sujet (Canicule dans le métro et Dans le métro).

Je dois reconnaître cependant — à ma grande honte car ainsi je révèle que ma vie sexuelle n'a rien d'extraordinaire — que je n'en ai pas eu d'autres dans ce lieu si particulier. Il est vrai aussi que je vis le plus souvent en province et que ma fréquentation des transports en commun n'est pas des plus fréquentes, généralement je vais à vélo qui est, pour moi, le moyen de transport le plus érotique. Je l'ai déjà évoqué dans plusieurs anecdotes…

Cependant comme je suis désireux de satisfaire vos demandes, je me permettrai de vous signaler deux sites où vous pourrez en partie trouver votre miel: dans le métro et sexe dans le métro.

Je vous raconterai plus tard d'autres aventures dans des moyens de transport individuels (Le cycle de mes prostituées…) ou collectifs. Je l'avais annoncé, je n'ai pas encore tenu cette promesse — le temps… Ça viendra… Comme le reste. Il est vrai que je l'ai déjà fait en partie dans mon hyperfiction La disparition du Général Proust, notamment dans VTT en forêt, Hasard et jouissance, Pédale, Rêve érotique et peut-être d'autres pages rncore de Albertine revient bien que je ne me souvienne plus exactement lesquelles. Mais puisqu'il paraît qu'un écrivain ne peut parler que de ce qu'il a lui-même vécu, n'est-ce pas naturel?

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04 juin 2007

La petite putain (14)

Demain je reprends la suite du récit de mes relations avec la petite putain rencontrée lors d'un de mes séjours à l'étranger. C'est promis… Enfin, demain ou après demain, ou un autre jour… Ça dépendra un peu de vous.

Puis il faudra que je reparle de François et me décide à poursuivre le résumé de mes aventures dans le camp de nudiste puis comme épicier ambulant dans les cités militaires ainsi que mes aventures théâtrales en Angleterre alors que je travaillais dans un camp de travail pour prisonniers de droit commun et comment on peut être pris pour un caïd à 22 ans… Peut-être aussi mes échecs et fiascos divers…

Mais aujourd'hui il pleut et ce temps déprimant m'interdit de me mettre dans l'état psychologique nécessaire à la description de sensations de plaisir fortes. Si au moins vos commentaires pouvaient me remonter le moral… mais c'est certainement trop demander à nos relations.

 

A demain cependant…

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12 janvier 2007

Dépucelages

Difficile de poursuivre avec régularité mon autobiographie érotique, Internet éjacule de partout, son énergie c'est le foutre. Hommes et femmes sont indéniablement gouvernés par leurs hormones. Après tout, pourquoi pas, on se souvienrt du slogan toujours valable "faites l'amour pas la guerre". Avec Google, on trouve par exemple 612 000 dépucelages, plus que de puces sur un rosier de printemps, plus même que les fautes d'orthographe dont la plupart sont dévorés.

Mais il est vrai que leurs lecteurs ne cherchent ni l'orthographe ni l'originalité: ils, elles, lisent de la main gauche. Le problème est que, se contentant d'y participer par procuration, justement ils ne font pas assez l'amour: notre époque est trop solitaire. Ce qui n'est après tout, dans une société saine, qu'une relation sociale plutôt agréable, devient dans la nôtre un produit de luxe.

Comment se situer là-dedans ? Et si je parlais de mes interrogations philosphiques: la vie, la mort, l'amour, la famille, la politique, l'écologie… Tout ce qui constitue le fond de mon existence, aurais-je le même nombre de visiteurs et les mêmes fidèles ?

Vous connaissez certainement déjà la réponse.

Posté par hodges à 14:05 - Réflexion générale - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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