14 janvier 2007
Jeux de garçon (5)
Je n'ai jamais fini de raconter mes aventures avec François qui ont été celles de ma vraie première initiation érotique. Peut-être qu'il n'y a pas de fin à ce genre d'aventures, peut-être que vous, lecteurs, vous avez déjà imaginé toutes les fins possibles… Quoi qu'il en soit, voici…
Comme je crois l'avoir dit, François était un peu plus âgé que moi, un an, mais cela fait toute la différence car si je n'étais pas encore pubère, François l'était. C'est ainsi que au milieu de nos échauffements, je découvris le sperme, sa texture, sa couleur, son toucher lorsqu'il s'étala sur mon ventre et… un peu plus tard, à l'instigation de François, comme je m'étonnais de ce qui se produisait et lui demandait ce qui se passait, son goût de noisette vaguement rance légèrement salé.
Ce premier "jeu" avec François marqua le début d'une longue complicité. Il arrivait très souvent que l'un de nous provoqua l'autre pour l'entraîner dans des joutes érotiques où nous découvrions à la fois notre sexualité et notre sensualité. Nous étions à la recherche de lieux où nous pouvions nous cacher car utiliser sans cesse la chambre de l'un ou de l'autre aurait fini par attirer l'attention de nos parents et, sur ce terrain, nous les pensions plutôt conservateurs. C'est ainsi que nos promenades à vélo ou nos fréquentes excursions dans la montagne nous amenaient à repérer des coins de mousse au cœur de taillis presque impénétrables mais où nous avons su ménager des accès, des plages de sable au fond de vallées abruptes, des lits de rochers dont la hauteur nous protégeait des regards. La fin de notre enfance fut ainsi marquée par la constitution d'un paysage érotique.
Ce ne furent pas les seules découvertes que nous permirent notre complicité.
12 janvier 2007
Dépucelages
Difficile de poursuivre avec régularité mon autobiographie érotique, Internet éjacule de partout, son énergie c'est le foutre. Hommes et femmes sont indéniablement gouvernés par leurs hormones. Après tout, pourquoi pas, on se souvienrt du slogan toujours valable "faites l'amour pas la guerre". Avec Google, on trouve par exemple 612 000 dépucelages, plus que de puces sur un rosier de printemps, plus même que les fautes d'orthographe dont la plupart sont dévorés.
Mais il est vrai que leurs lecteurs ne cherchent ni l'orthographe ni l'originalité: ils, elles, lisent de la main gauche. Le problème est que, se contentant d'y participer par procuration, justement ils ne font pas assez l'amour: notre époque est trop solitaire. Ce qui n'est après tout, dans une société saine, qu'une relation sociale plutôt agréable, devient dans la nôtre un produit de luxe.
Comment se situer là-dedans ? Et si je parlais de mes interrogations philosphiques: la vie, la mort, l'amour, la famille, la politique, l'écologie… Tout ce qui constitue le fond de mon existence, aurais-je le même nombre de visiteurs et les mêmes fidèles ?
Vous connaissez certainement déjà la réponse.
10 janvier 2007
Culottes, slips et autres accessoires
Je devrais peut-être évoquer maintenant mes rapports aux sous-vêtements — masculins et féminins — car ils ne sont certainement pas étrangers à mon expérience du camp de nudistes mais, bon, comme certains d'entre vous insistent, je vais quand même poursuivre dès que j'en aurai le temps l'anecdote de la jeune femme voilée que j'ai intitulée "le jeu du voile".
Ceci dit, j'aurais pu en raconter aussi une autre sur le même thème, peut-être un peu moins attendue mais… j'hésite. Il est facile de déclarer que je ne me donne aucune limite; il est moins facile de le faire.
08 janvier 2007
Le jeu du voile (3)
J'attendis…
J'étais à la fois
plein d'espoir, d'impatience et au bord de la frustration, mon érection
était toujours très forte et j'espérais que la jeune femme (je m'étais
persuadé que seule une jeune femme pouvait avoir joué ce jeu) se
manifesterai à nouveau d'une façon quelconque. Je regardais autour de
moi mais pas une seule de celles qui étaient dans la salle ne me
faisait le moindre signe.
Déçu, humilié, j'allais quitter la
salle quand, venant des toilettes des femmes, je vis venir Françoise,
une des européennes travaillant dans la ville et avec laquelle j'avais
couché une fois à l'issue d'une de ces nombreuses soirées qui
ponctuaient la vie des expatriés. Je ne tenais pas particulièrement à
ce qu'elle me voit mais elle me vit, vint vers moi, m'embrassa, s'assit
à ma table:
- Salut, comment ça va…
Elle commanda elle
aussi un thé à la menthe. Elle me regarda dans les yeux puis,
entrouvant son sac, me découvrit le voile qu'elle y avait enfermé:
- Ça ne te dit rien ?
Je
compris aussitôt. J'aurais préféré que, dans la salle, une des
magnifiques beautés locales, m'ait, d'un clin d'œil, fait comprendre
que c'était elle qui m'avait attiré là puis, sortant, que je devais la
suivre, nous aurions pris ma voiture et serions aller nous dissimuler
dans les dunes où nous aurions calmés nos ardeurs respectives. Je
voyais la scène en imagination, je me voyais la caresser, la
déshabiller lentement, me laisser dévêtir à mon tour…
- Tu rêves me demanda Françoise? Tu n'as pas aimé mon petit jeu?
J'avais
aimé son petit jeu au-delà de ce qu'elle pouvait imaginer et j'en étais
encore frémissant. J'avais envie de faire l'amour, le plus vite
possible…
- J'ai aimé, j'ai beaucoup aimé… On va chez toi ou chez moi?
- Toi alors, tu ne traînes pas… Me regardant dans les yeux, elle hésita une minute puis :
- Allons chez toi…
Nous y sommes allés.
06 janvier 2007
Le jeu du voile (2)
J'avais promis de vous raconter la suite "demain". C'est après-demain, je ne suis pas toujours maître de ma vie…
Le jeu poursuite continua ainsi quelques temps, entre un quart d'heure et une demi-heure si je me souviens bien. La silhouette enveloppée dans son drap prenait soin de maintenir une distance d'une vingtaine de mètres s'arrêtant si je m'arrêtais, accélérant si j'accélérais mais me maintenant toujours dans son champ d'attraction par ses regards furtifs qui entrouvrant le voile maintenaient mon désir sous pression.
Nous étions sorti du marché et avions rejoint le quartier "français" de la ville. Elle entra dans un salon de thé à la mode, un des seuls qu'osaient fréquenter les "voiles". Je la suivis. Elle n'était pas dans la salle… Plus exactement, il n'y avait là aucune femme enveloppées de voile mais, comme d'habitude des groupes de jeunes femmes en vêtements occidentaux qui bavardaient entre amies ou des couples, homme et femme, jeunes dans l'ensemble. Aucune femme seule ce qui, d'ailleurs ne m'étonnait pas car une femme seule ne s'installait jamais dans un lieu public. Seules pouvaient agir ainsi quelques call-girls connues dans les hôtels de luxe. J'hésitais : ressortir pensant avoir été joué; m'asseoir et attendre?
Sous l'urgence du désir je me sentais comme fébrile, mon corps était une pile électrique espérant la décharge, je ne pouvais penser à autre chose qu'au mystère de ce corps dissimulé dans un vêtement informe, à la puissance vivement attractive des regards entrevus: pour me calmer un peu, je fis le tour de la vaste salle feignant de chercher quelqu'un avec qui j'aurais eu un rendez-vous. Ce jour-là je ne connaissais personne… Je m'assis donc à une table vide, commandai un thé à la menthe.
04 janvier 2007
Le jeu du voile (1)
Je suis impressionné par la fidélité de
certains de mes lecteurs et… leur impatience mais — je crois l'avoir
déjà dit — le temps me presse et à la fois me manque. Lorsque je
regarde la liste des moments que j'ai promis d'écrire, je suis
désespéré car il me faudrait autant de temps pour les écrire que pour
les vivre. Je sais déjà que je devrai choisir: toujours je choisis la vie…
Je ne veux cependant pas vous désespérer aussi voilà…
J'avais
vingt trois ans, "travaillais" depuis plus d'un an dans un pays
d'Afrique du Nord où la plupart des femmes étaient voilées.
Célibataire, je m'étais fait beaucoup d'amis masculins et traînais une
bonne partie de mon temps libre dans des bars où nous descendions des
litres de bière. Pour tout dire, je m'ennuyais un peu. Aussi, pour
occuper un temps très souvent libre, j'avais décidé de passer une
thèse de sociologie. Le professeur (que je soupçonne d'ailleurs
maintenant d'avoir été aussi un peu indicateur), profitant des libertés
physiques et intellectuelles que me donnait mon statut d'étranger
m'avait demandé si j'accepterais de travailler sur la prostitution.
Vous me connaissez maintenant un peu, ce thème avait tout pour me
plaire: j'acceptais. Je vous dirai un jour tout ce que cela impliqua,
notamment comment ce titre de "chercheur agréé par l'université"
m'ouvrit, de façon originale, la porte des bordels. Mais vous n'aimez
pas attendre, allons à l'essentiel…
Un jour où je faisais mes
courses dans un marché arabe de la ville, odeurs fortes, agréables et
désagréables entrelacées, foule, piétinements, appels des marchands,
discussions animées ou calmes, passage forcé des charrettes avec ânes…
toute cette atmosphère chaleureuse mais indescriptible à qui ne l'a pas
vécue. La foule des acheteurs, comme d'habitude, était presque
entièrement composée de ces silhouettes de femmes enveloppées dans
leurs voiles que mes amis appelaient des "pochettes-surprise".
Soudain événement extraordinaire en ce lieu, j'entendis au milieu des autres une voix
féminine, timide, sensuelle, m'appeler par mon prénom: "Marc, Marc…".
Je cherchai autour de moi. Je connaissais bien quelques femmes arabes,
deux ou trois étudiantes suivant les mêmes cours que moi, femmes
d'amis, voisine, femme de ménage, mais elles étaient relativement peu
nombreuses. Du regard, je cherchai donc autour de moi. Je ne trouvai
que l'anonymat des voiles.
Je
me dis que je devais être victime
d'une hallucination et que j'avais confondu un mot arabe quelconque
avec mon prénom. J'avançai dans le marché.
Quelques secondes plus tard, nouvel appel tout aussi impossible à localiser. Puis un autre encore. Je me demandai d'abord ce que cela pouvait signifier car mon "hallucination" auditive ne pouvait être aussi répétitive, me fis plus attentif. L'appel se reproduisit sur ma gauche et, une fraction de seconde, je crus voir une des silhouettes blanches qui entrouvait son voile sur un regard qui m'appelait. Je me dirigeai vers elle; elle s'éloigna. J'hésitai à la suivre alors la silhouette, plutôt fluette, s'immobilisa un peu plus loin, m'appela à nouveau et, dans l'entrebaillement rapide d'un voile, me lança un regard furtif : je compris que c'était un jeu; je le trouvai stimulant. La voix était douce, sensuelle, presque tendre; le regard très noir et violent. Je décidai de me laisser faire. D'appel en appel, de regard-éclair en regard-éclair, prenant bien soin à ce que je ne l'approche pas trop, elle m'entraîna dans la ville hors du marché. Je compris que je devais me contenter de suivre à une caertaine distance aussi, de plus en plus intrigué, de plus en plus amusé, j'étais aussi, comme le prouvait la dureté de mon sexe, de plus en plus excité …
(Cette note est trop longue pour un blog, je raconterai la suite demain)
03 janvier 2007
Les jeunes femmes voilées
Avez-vous lu "Bas les voiles!" de Chahdortt Djavann? Il y a dans ce livre polémique et sérieux des pages qui disent bien l'érotisme du voile…
A ce propos j'aimerais vous rapporter quelques anecdotes qui remontent à la période de ma vie où j'ai vécu en Afrique du Nord (je ne vous dirai pas où car cette précision serait inutile au récit que je veux vous faire…). J'ai alors connu bien des femmes — quelques garçons aussi, mais ce n'est pas le sujet d'aujourd'hui — mais, pour simplifier, je pourrais résumer mes rencontres amoureuses à trois histoires suffisamment représentatives (symboliques si vous préférez) pour que leur récit m'évite de tomber dans ce travers de la répétition qui est si caractéristique du récit érotique où les variantes, somme toute, sont assez peu nombreuses.
Ces histoires seront celles de :
- l'amie voilée
- la jeune putain
- la maison close
Je vous les rapporterai dans cet ordre dès que j'aurai une minute.
27 décembre 2006
Entre douleur et plaisir
Il faut en finir avec le récit de mes
découvertes dans "Le jeu des nuages et de la pluie". Pourtant cet
ouvrage m'a occupé près d'une année entière car je n'en finissais pas
d'y découvrir avec envie et damiration toutes les inventions du monde
dans le domaine de l'érotisme et ce d'autant que j'étais alors, n'ayant
pas encore de partenaire, bien incapable de les mettre à l'épreuve. Je
dois aussi avouer que, lorsque j'eus enfin des partenaires (hommes et
ou femmes) je ne me suis que très rarement livré aux tentatives
d'exercices que suggéraient ces gravure, les plus attirantes, les plus
chargées de fantasmes étant en effet les plus difficiles à réaliser.
Ainsi
d'une série peinte sur peau de fœtus. Je cherchai alors sur un
dictionnaire le sens de ce mot et j'en fus d'autant plus impressionné
ne sachant si je devais en être admiratif — conserver le souvenir d'un
bébé mort pour l'honorer dans le plaisir des sens — ou horrifié. Je
n'en décrirai ici que les plus marquantes:
La première, un
couple nu, assis face à face, le sexe de l'homme introduit dans celui
de la femme, sur une petite charrette tirée par deux chèvres sur un
chemin le long d'un jardin. Je ne connaissais pas encore la sensation
extraordinaire d'un sexe d'homme introduit dans un sexe de femme (je ne
saurais d'ailleurs jamais ce que la femme éprouve alors), mais je
pouvais imaginer comment les multiples cahots de la charrette pouvaient
stimuler les mouvements du couple. Je m'y essayais d'ailleurs plus
tard, un jour en me masturbant doucement tout en pédalant, dans ma
voiture à pédale, le long d'une allée discrète du parc de mes
grands-parents mais je dois avouer que l'inconfort de la situation fut
au moins aussi grand que le plaisir — essentiellement dû à la crainte
d'être surpris ainsi — qu'elle me provoqua.
La deuxième que je
ne pus jamais essayer bien qu'elle me fit longtemps fantasmer
représente deux servantes vêtues agenouillées au sol tenant à bout de
bras, au-dessus d'elles, une femme totalement nue, face vers le ciel,
jambes repliées vers elle de façon à mieux ouvrir son sexe et l'offrir
à un homme debout, nu, qui, bandant, monté sur un tabouret de faïence,
s'introduit en elle. Équilibre et déséquilibre, stabilité et mouvement,
confort et inconfort, il me semble qu'il y avait là cet équilibre
parfait entre plaisir et douleur qui fait un des piments essentiels de
l'activité érotique.
24 décembre 2006
Le petit Jésus
En cette veille de Noël je ne peux pas ne pas me souvenir que, dans mon enfance, mes parents appelaient mon sexe "le petit jésus" et que je me suis longtemps interrogé sur cette désignation qui portait en elle du sacré et du mystère valorisant ainsi cette partie de mon anatomie à laquelle je n'ai cessé d'accorder beaucoup de soin et d'importance. Une autre nomination aussi, mes plutôt réservée aux plaisanteries égrillardes entre adultes, était "Joseph". La métaphore était moins mystérieuse, plus directe, presque triviale: celui qui aurait pu être le géniteur du "petit Jésus" désignant la totalité des sexes masculins. Il y avait là certainement de l'ironie pointant à la fois la puissance du sexe capable de donner la vie et ses multiples frustrations…
Je me demande si, dans des cultures non catholiques, l'impossibilité de ces deux images change le rapport que chacun peut avoir avec son propre sexe. Je me suis aussi souvent demandé si le "zob" arabe avait quelque chose à voir avec le "Job" de la Bible…
Autant dire que ma religion du sexe vient peut-être de toutes ces associations culturelles qui ont nourri mon éveil érotique.
22 décembre 2006
D'un sexe à l'autre
Un de mes encourageants lecteurs, lisant mes hésitations, m'écrit: "N'aie pas peur, vas-y…". Bien… D'une part je ne comprend pas bien le tutoiement, ce n'est pas parce que j'essaie d'analyser en profondeur mes rapports au désir, au sexe, au sexe des autres afin de contribuer à ma façon à la connaissance des fonctionnements du corps et du cerveau humain, que je couche avec tout le monde. En fait, si j'essaie de faire un compte rapide de mes partenaires, je suis bien loin du chiffre marketing de 8000 annoncés par Catherine Millet. Je suis assez fidèle en érotisme et le vingtième me paraît plus correct. Pas de quoi pavoiser donc. Et je ne pavoise pas. Je rapporte, ce n'est pas la même chose…
D'autre part, je veux bien aller quelque part, encore faut-il pouvoir décider où or tous mes souvenirs se bousculent l'un renvoyant à l'autre me rendant la tâche difficile. Roger renvoie à Kevin qui renvoie à Armelle qui me fait souvenir de Marcel qui me renvoie vers Nicole. Elle-même est, dans mon souvenir inséparable de Sophie ou de Mariette qui me fait penser à Julien, André ou François… Si je m'y retrouve c'est dans le désordre or ce quevous voulez, c'est du récit, donc de l'ordre. Ce n'est pas un problème de fond mais de forme et c'est ce que je ne parviens pas bien à gérer…
