14 avril 2008
Hors du camp de nudiste (lycéenne 03)
Soirée à la fois banale et merveilleuse: nous sommes allés dans un bal de village et elle, que je voyais nue depuis plusieurs jours, vêtue d'un short et d'un tee-shirt, me semblait bien plus nue que ce qu'elle l'avait été jusque là. Je ne sais si la réciproque était vraie mais, à son trouble que je percevais à la très légère résistance de son corps à s'approcher du mien lors de certaines danses, à ses sourires qui me semblaient un peu gênés lorsque nos regards se fixaient l'un dans l'autre, à la moiteur de ses mains qui n'était certainement pas due à la seule douceur de la saison, je crois pouvoir affirmer qu'elle éprouvait la même chose. Les très légères étoffes qui nous séparaient agissaient presque comme des pôles aimantés tendant à nous rapprocher l'un de l'autre. Nos corps semblaient s'électriser l'un l'autre et je percevais sur toute ma surface de peau comme une tension superficielle qui me faisant frissonner provoquait une lègère contraction des muscles. Dans cet espace d'attente et de tension, je me sentais merveilleusement bien ne désirant en rien aller plus avant, me laissant envahir de ces ondes superficielles qui érotisaient chaque pore de ma peau, révélant une sensualité profonde, une sensibilité du corps envahissante; d'une certaine façon une sensualité innocente et fraîche comme je n'en avais pas encore connu. Nous dansions mais la danse n'était qu'un prétexte, un masque destiné à dissimuler ces mouvements bien plus riches, violents et profonds qui prenaient vie à la surface de la peau. Le temps était en suspension et c'était dans cette suspension dense du temps que j'éprouvais toute la tension aiguë de mon corps, ce moment de désir absolu où tout ce qui nous entourait s'absorbait. La douceur de la nuit, sa luminosité, les étoiles perçues entre les feuilles denses des platanes, la sensualité de la musique, tout concourrait à faire de ce temps un temps unique et privilégié dont il me semble que, ni l'un ni l'autre, nous ne désirions sortir.
08 avril 2008
La supérette du camp de nudiste
Un de mes lecteurs — vous le reconnaitre sans peine à ses commentaires — me reproche, tantôt avec hargne, tantôt avec sympathie, de raconter des histoires. Pour affirmer cela il s'appuie sur mon expression "camp de nudistes" alors que, dit-il, seuls les "textiles" emploieraient cette expression alors qu'il faudrait dire "camp de naturistes". L'argument est spécieux et, pour ma part, je continuerai à employer camp de nudiste car, faut-il le rappeler, je n'y suis pas allé par idéologie mais par semi-obligation. J'affirme que tout ce que je dis ici est vrai puisque je le dis. A l'époque, mon père possédait deux usines de produits laitiers (yaourts, fromages, crèmes diverses) plus une série de camions de vente avec lequel ses vendeurs sillonnaient la région ainsi que quelques supérettes certaines permanentes, d'autres saisonnières. Celle dont je parle, celle du camp de nudiste, était saisonnière aussi n'avait-elle pas d'employé permanent. L'été, pour celles situées en bord de mer, ou l'hiver, pour celles situées en montagne, il employait du personnel temporaire. Pour mes dix sept ans, désireux de montrer que je pouvais faire preuve d'une certaine indépendance, j'avais demandé de m'occuper de l'une d'elles, ce fut celle-là.
Pour prouver que je ne mens pas — car à quoi sert une autobiographie si elle est fictionnelle — je vais vous en donner une description et ceux qui y ont séjourné pourront le reconnaitre. Ce camp était situé en bord de mer sur un terrain placé entre une longue plage large d'environ vingt mètres de sable ocre mêlé de débris de coquillage et une route départementale, celle-ci à environ cent mètres de la plage. Entre la route et la plage, un bosquet de pins maritimes permettait au camp (entouré par ailleurs d'un grillage assez haut) d'être à l'abri des regards indiscrets. Le camp lui-même était constitué d'un terrain, situé sous les arbres, ouvert aux campeurs et à quelques caravanes, d'une dizaine de bungalows proposés à la location, d'une supérette en planches peintes en vert dont j'ai eu un été la charge, d'un café-restaurant en bois, blanc et bleu, donnant directement sur la plage et dont la terrasse était constituée d'un caillebotis posé directement sur le sable. L'accès au camp se faisait par un portail où des gardiens (l'année où j'y étais, ils s'appelaient Marco, Julien et Edmond — mais je n'y suis resté que du 1 juillet au 15 août) se relayaient pour filtrer les entrées, l'accès n'étant possible que sur réservation préalbale ou sur invitation d'un résident.
Ma supérette elle-même couvrait une surface d'environ cinquante mètre carrés avec trois banques frigorifiques, trois allées bordées d'étagères de marchandise et une caisse à l'entrée avec écran de vidéo-surveillance alimenté par trois caméras me permettant de surveiller tous les rayons. A l'arrière, une petite pièces d'environ quinze mètres carrés, donnant sur le magazin par une porte, me servait de lieu de repos et de chambre à coucher.
La population du camp était constituée de cadres moyens (beaucoup d'enseignants) et plutôt familiale. La moyenne d'âge devait être d'une trentaine d'années mais il y avait cependant de nombreux enfants et quelques rares personnes âgées, en général des habitués. Beaucoup des résidents se connaissaient pour être venu au camp plusieurs années de suite. Des activités distractives y étaient régulièrement organisées: pétanque, loto, bridge, scrabble… Les résidents sortaient peu du camp.
Que vous dire de plus? Je ne peux tout de même pas, au risque de violer des anonymats, vous donner des noms… Il faudra donc me croire sur parole.
07 février 2008
Une lycéenne au camp de nudiste (02)
Du moins je la trouvais très belle et je ne peux pas dire que je n'étais pas sensible à sa beauté mais le contexte, la lumière, les enfants nus à côté de nous, lavaient cette beauté de toute connotation sexuelle. En fait nous nous regardions à peine, notre attention se fixait sur nos regards comme si les corps étaient, par leur nudité même, gommés de nos pensées. Elle m'avait beaucoup plus excité lors de la soirée d'anniversaire: je ne bandais pas. Heureusement d'ailleurs, dans un camp de nudiste il vaut mieux éviter, c'est considéré curieusement comme une grossièreté car nous rabaissant au niveau de la bête.
De plus je devais, pour la première fois de ma vie, être vaguement amoureux.
Nous nous sommes souvent rencontrés dans le camping, soit parce qu'elle venait faire des courses (ou sous le prétexte de faire des courses) soit parce que, pendant mes heures de repos je la retrouvai sur la plage mais nos relations restaient toujours très chastes et, pour ainsi dire, désincarnées. Nous parlions beaucoup, nous riions, nous éprouvions du plaisir à être ensemble… Cette situation quelque peu étrange avait au moins l'avantage d'endormir la méfiance de ses parents qui me faisaient une confiance totale aussi quand elle émit le souhait d'aller à une fête de village et que je proposai de l'accompagner ne firent-ils aucune objection.
03 février 2008
Une lycéenne au camp de nudiste (01)
Comme je vous l'ai dit dans ma note précédente, j'avais, avant l'été, sympathisé avec une lycéenne d'un lycée différent du mien mais que j'avais rencontrée à l'occasion de la fête d'anniversaire d'un de mes camarades de classe. Nous avions bu ensemble, longuement discuté, sympathisé mais nous nous en étions tenus là…
Nous avions simplement décidé d'échanger nos adresses de vacances, à ma grande surprise, ses parents venaient régulièrement passer un mois dans un camp de nudiste de la région. Je savais que mon père y possédait un petit supermarché aussi, parmi les choix dont je disposais pour gagner quelque argent de poche, je choisis ce lieu là plutôt qu'un autre. Je dois à l'honnêteté de mes aveux — mais cela ne surprendra personne — que ce choix n'était pas dépourvu d'une certaine excitation: je pensais en effet que me retrouver nu auprès de cette lycéenne qui m'attirait, mais dont j'étais resté à une distance chaste, et qui alors se trouverait nue elle aussi ne pouvait que lever quelques inhibitions et faciliter divers rapprochements physiques. Je me trompais. Comme l'a fait remarquer (avec un peu d'animosité il faut le dire) un de mes lecteurs, les camps de nudistes ne sont pas des maisons de rendez-vous. Je ne tardai pas en effet à constater qu'au contraire, se trouver nu au milieu d'une population tout aussi dénudée a pour premier effet de banaliser les corps, les faire rentrer dans le moule d'une certaine neutralité sexuelle. Rien de tel qu'un corps en slip ou maillot de bain pour réveiller la libido, le nu n'intervient bien qu'après une première phase imaginaire or, dans les camps de nudiste, plus rien n'est à imaginer car tout est visible.
Je ne savais pas dans quelle partie du camping ses parents avaient installé leur caravane, aussi est-ce elle qui est venue me trouver dans mon petit supermarché. C'était en début d'après-midi, il n'y avait presque aucun client si ce n'est deux gamins d'une dizaine d'années qui hésitaient longuement pour savoir comment dépenser un euro en sucreries variées. Elle est entrée dans l'éblouissement du soleil extérieur qui ne me permit d'apercevoir tout d'abord qu'une silhouette nimbée de lumière, s'est avancée vers moi, a souri, m'a tendu la main. — Bonjour, comment ça va? Ça va… Notre dialogue commençait bien mal. La situation était assez étrange, j'avais rêvé de me retrouver nu avec cette fille, elle était là, nue, j'étais là, nu, nous nous regardions et nous ne nous voyons pas comme si nos corps étaient gommés, effacés par leur nudité même. Elle était belle pourtant. J'étais beau aussi comme on peut l'être à 17 ans.
22 janvier 2008
Des voitures comme objets transactionnels
Certains d'entre vous m'accusent d'être trop bavard et, comme amants ou amantes déçus, me quittent: "Je n'en peux plus, je m'en vais…" phrases du désir trahi.
Cependant vous avez raison et je ne tiens pas assez mes promesses, comme une éjaculation précoce ou un coïtus interruptus, je promets et ne finis jamais. Assez… ne plus se laisser entraîner, revenir aux fondamentaux (n'est-ce pas merveilleux la façon dont le moindre mot peut prendre une résonance érotique). Revenons…
J'ai eu dans ma vie de nombreuses voitures (une de mes lectrices perspicaces m'attribue 60 ans, c'est un peu exagéré mais bon, je ne suis plus un jeune homme même si mes expériences actuelles valent bien les anciennes, c'est vrai que je parle peu du présent: pudeur ou désir d'anonymat? A vous de voir…). La première étant, pour mes dix-huit ans, une 2CV, puis à vingt ans une petite Spitfire d'occasion offerte encore par mon grand-père. Je suis ensuite monté en puissance (c'est le cas de le dire, mais j'en parlerai en temps utile…). Mais quelle que soit la voiture que je possédais je lui ai toujours trouvé une forte charge érotique.
Pourtant mes premières expériences érotiques avec les véhicules à moteur datent de la camionnette Citroën qui me servait à achalander l'épicerie du camp de nudiste où j'ai passé les vacances d'été de mes dix huit ans. Ce véhicule, en soi, n'avait rien d'érotique, presque carré, lourd, fait de ferraille, sans presqu'aucun aménagement intérieur et pourtant…
Je vous ai déjà dit, je crois, qu'à cet âge là, si j'avais eu des expériences homosexuelles, j'avais eu peu encore de relations sexuelles aprofondies avec des filles de mon âge. Des flirts souvent, des baisers profonds, des caresses mais rien de bien sérieux si ce n'est, l'année de mes quinze ans, mon dépucelage en Angleterre dont je vous parlerai sans doute un jour (mais vous allez encore m'accuser de fantasmer alors que je m'efforce à une grande honnêteté dans cette confession érotique).
Quoi qu'il en soit j'avais, avant les vacances, fortement sympathisé avec une lycéenne mais, baccalauréat primant, nous n'étions pas allé au-delà nous contentant d'échanger nos numéros de téléphone et nos adresses de vacances.
07 décembre 2007
Mises à nu
Bien que, comme vous vous en doutez, je n'ai pas de problème matériel (peu-être même à cause de cela car héritier n'est pas un statut social), ma vie est des plus médiocres et le "je" que je pourrais exprimer dans une autobiographie n'aurait rien d'important ni d'intéressant à révéler pour quelque lecteur que ce soit. Rien qui mérite la moindre esquisse de narration. Mon "je" est un "je" vide.
Seule, me semble-t-il ma vie sexuelle présente quelque intérêt. Du moins est-ce dans ce domaine que je parviens à m'épanouir. Mais rien qui puisse s'apparenter à un quelconque "récit érotique", il n'y a pas de continuité, tout érotisme est morcelé, fragmentaire, discontinu, désarticulé, partagé entre de sublimes sommets d'extase et des gouffres d'abattements moraux insondables. Je ne suis que lorsque je baise; je baise donc je suis. Mais il m'est impossible (qui le pourrait?) de baiser en continu: post coïtum animal triste, les moments de jouissance extrême rabattent sur l'insupportable les moments où rien de tel n'a lieu. Entre deux périodes d'amour physique je suis comme un alcoolique assoiffé qui n'a plus d'autre vision dans l'existence que celle de l'alcool qui lui manque. Vieille thématique poétique de la séparation: en dehors de l'amour physique, je ne suis plus moi-même, tout m'est absence et séparation et je n'ai jamais connu d'autre amour que de cette sorte. La passion, cette gélatine molle qui va du rosâtre au rouge-sang, qui continue à entretenir d'innombrables radotages sentimentaux et fait la richesse de la plupart des séries télé est un sentiment qui me reste inconnu. Pourtant je ne suis pas un érotomane et ne crois pas être enfermé dans cette obsession car par ailleurs je vis. Pas de façon flamboyante certes mais je vis…
12 septembre 2007
Initiations
Le mot-clef qui vient aujourd'hui en tête des demandes est "initiations". Belle question en effet. J'ai eu l'occasion d'en parler dans diverses pages mais il faudra pourtant que j'y revienne.
Quoi qu'il en soit ne me reprochez pas de travailler ainsi à l'audimat, comment pourrais-je satisfaire mes lecteurs autrement? Répondre à leur demande n'exige d'ailleurs pas que je triche dans cette confession: tout y est vrai — mais est-ce important si c'est vraisemblable? — et ceux qui en doutent n'ont qu'à mener leur enquête. Internet leur en fournit les moyens.
D'autre part, inutile de se cacher derrière une pruderie de façade, ce qui suscite le plus de lectures, c'est le sexe, les chiffres ne mentent pas (ou si peu). Pour être un écrivain lu sur Internet, il faut parler de sexe: je m'y emploie et je dois dire avec un certain succès.
08 juin 2007
Le camp de nudiste (suite)
Finalement, je n'écrirai mon quinzième texte sur "la petite putain" qu'après avoir fait un détour par l'expérience du camp de nudiste dont j'ai commencé à vous parler longuement dans ce blog et que, je ne sais pourquoi, j'ai laissé en plan. Mon dernier écrit sur ce récit est intitulé "Ulf, Uwe et moi" et rapporte comment cette jeune peintre Uwe m'avait pris comme modèle avec son cousin Ulf et nous avait fait poser dans d'étranges, bien que très agréables, attitudes.
Cette expérience agit considérablement sur mon esprit adolescent et me fit comprendre que je pouvais tirer, de ma situation originale dans ce camp de nudistes, des avantages autres que celle d'une étude des antomies comparées des nudistes. Je commençais à regarder mes clients et mes clientes — les jeunes surtout — d'un autre œil et décidai d'ouvrir un registre où je tentais d'établir quelque chose comme une classification universelle des particularités anatomiques et, en particulier, vous vous en doutez certainement, des sexes. Les sexes masculins étant les plus visibles en situation quotidienne, leur taxinomie était relativement aisée; celle des sexes féminins s'avérait plus délicate.
Mais peut-être l'ai-je déjà signalé quelque part?
Quoi qu'il en soit cette page n'attire personne. Paradoxalement elle doit manquer de sexe, plus exactement d'érotisme, peut-être même de pornographie. Je devrais recommencer à parler de masturbation, fellation, bittes, culs et cons…
29 mai 2007
L'autre sexe
"J'aime pratiquer le sexe avec l'autre sexe" dit un de mes lecteurs. Certes… J'aime cela aussi, mais chacun d'entre nous n'est-il pas un sexe unique, un sexe "autre"? C'est du moins ce que j'ai toujours ressenti en le pratiquant.
Je me disais cela l'autre soir en me regardant dans ma glace et je me demandais même si je n'étais pas chaque jour, tant je ne peux imaginer épuiser les sensations de jouissance, un autre sexe à moi-même.
Il est vrai aussi que les commentaires comme celui qui accompagne ce texte ne me sont d'aucune aide dans cette réflexion comme si chez certains personnages, le sexe impliquait le degré zéro de la pensée: les inscriptions sur les murs des chiottes et leurs rendez-vous fantasmés dérisoires : "je suce ici tel jour de telle heure à telle heure…". Pourtant un de mes amis me rapportait l'autre jour — et comme il affirmait que c'était vrai, pourquoi en douterais-je — que lorqu'il avait vingt ans sa méthode de drague dans le métro était des plus rudimentaires. Il abordait les jeunes femmes qui lui plaisaient, leur souriait et disait "Voulez-vous faire l'amour avec moi?". Il affirme que, s'il a quelquefois pris des baffes, il n'a jamais passé une nuit seul.
Alors… Pourquoi pas? Pratiquer l'autre sexe ne serait qu'une fonction biologique comme une autre. Il y a de ça… mais personnellement je ne trouve une jouissance pleine que dans un minimum de connivence lorsque le sexe, depuis le corps emprunte quelque chose à l'imaginaire.
20 avril 2007
La petite putain (13)
Il en fut de même les deux journées, et donc les deux nuits suivantes. Mes expériences antérieures de la vie m'avaient évidemment appris que le désir gagne souvent a être prolongé, sa satisfaction retardée et que la frustration pouvait être un excellent stimulant érotique… à condition toutefois que cela ne se prolonge pas trop car il existe un équilibre entre l'attente de la satisfaction et la satisfaction elle-même sans lequel l'attente se transforme en abstinence et peut devenir un poison pour le corps et l'esprit.
La troisième journée, je me dis que Khalifa ne me ferait plus de cadeaux et je repris mes sorties de célibataires noctambules. Je rentrai donc chez moi vers deux heures du matin et m'endormis presque aussitôt.
Mon "cadeau" arriva au milieu de la nuit.
