Mon sexe et moi…

autobiographie physique, sexuelle et sentimentale

14 avril 2008

Hors du camp de nudiste (lycéenne 03)

Soirée à la fois banale et merveilleuse: nous sommes allés dans un bal de village et elle, que je voyais nue depuis plusieurs jours, vêtue d'un short et d'un tee-shirt, me semblait bien plus nue que ce qu'elle l'avait été jusque là. Je ne sais si la réciproque était vraie mais, à son trouble que je percevais à la très légère résistance de son corps à s'approcher du mien lors de certaines danses, à ses sourires qui me semblaient un peu gênés lorsque nos regards se fixaient l'un dans l'autre, à la moiteur de ses mains qui n'était certainement pas due à la seule douceur de la saison, je crois pouvoir affirmer qu'elle éprouvait la même chose. Les très légères étoffes qui nous séparaient agissaient presque comme des pôles aimantés tendant à nous rapprocher l'un de l'autre. Nos corps semblaient s'électriser l'un l'autre et je percevais sur toute ma surface de peau comme une tension superficielle qui me faisant frissonner provoquait une lègère contraction des muscles. Dans cet espace d'attente et de tension, je me sentais merveilleusement bien ne désirant en rien aller plus avant, me laissant envahir de ces ondes superficielles qui érotisaient chaque pore de ma peau, révélant une sensualité profonde, une sensibilité du corps envahissante; d'une certaine façon une sensualité innocente et fraîche comme je n'en avais pas encore connu. Nous dansions mais la danse n'était qu'un prétexte, un masque destiné à dissimuler ces mouvements bien plus riches, violents et profonds qui prenaient vie à la surface de la peau. Le temps était en suspension et c'était dans cette suspension dense du temps que j'éprouvais toute la tension aiguë de mon corps, ce moment de désir absolu où tout ce qui nous entourait s'absorbait. La douceur de la nuit, sa luminosité, les étoiles perçues entre les feuilles denses des platanes, la sensualité de la musique, tout concourrait à faire de ce temps un temps unique et privilégié dont il me semble que, ni l'un ni l'autre, nous ne désirions sortir.

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