Mon sexe et moi…

autobiographie physique, sexuelle et sentimentale

12 décembre 2007

Transitions

Promis, je vais m'expliquer sur ce point mais sans votre soutien et vos commentaires même si je ne comprends pas toujours leur objet, c'est même en effet parfois un peu déprimant, vulgarités, injures, pire encore commerce et publicité prenant le pas sur la sensualité de l'échange. Mes lecteurs sont en effet eux mêmes des "objets" — que personne ne s'en offusque — transactionnels non transitionnels… Je vais  m'expliquer là-dessus. J'ai commencé mais vous savez comme le temps passe et combien la vie est parfois prenante, y compris pour des activités non érotiques sans intérêt.

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Transactions (première anecdote: le camp de nudistes)

Le premier objet que j'appelle "transactionnel" est la voiture: je ne peux mieux me faire comprendre qu'en révélant ici trois ou quatre anecdotes intimes.

J'ai toujours éprouvé une jouissance réelle dans l'acquisition d'un nouvelle voiture car cet objet (dont on sait, par l'impression de puissance, de domination, de jeu avec la mort, qu'il donne à celui qui le mène, que selon une approche freudienne il est un symbole phallique) a toujours été pour moi profondément érotique et je dois avouer qu'il m'est arrivé de bander simplement parce que je pilotais un puissant véhicule. Objet esthétique s'il en est que j'aime à caresser, pénétrer, dominer, maîtriser, dont les sonorités puissantes évoquent les ronronnements rauques de lionnes en chaleur, objet pénétrant l'air, l'espace, le paysage comme une femme, il m'est un prolongement extatique du sexe.

Comme le thème le plus demandé actuellement est celui très général du "nudisme", la première anecdote que je vais vous raconter se rapporte à mon séjour adolescent en tant qu'épicier provisoire dans un camp de nudiste. Je vous en ai déjà longuement parlé. Je pourrais en parler des heures tant j'ai connu là d'expériences passionnantes depuis la découverte de l'esthétisme des corps jusqu'à leurs différentes possibilités d'explorations et de pénétrations. Passons…

Devant m'occuper de l'épicerie, mon père avait mis un véhicule à ma disposition. Il s'agissait d'une assez antique camionnette de livraison Citroën en tôle ondulée qui n'avait normalement d'autre fonction que de faire le bref aller-retour entre le camp de nudiste et la gare proche où m'étaient délivrées l'essentiel de mes marchandises.

Posté par hodges à 11:11 - Le camp de nudiste - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

11 décembre 2007

Éjaculation intellectuelle

Comment  ne pas parler aussi des rapports entre l'érotisme et l'intelligence? Je sais en effet pour l'avoir fréquemment expérimenté qu'il y a un lien étroit entre ces deux activités humaines. Cependant le terme "intelligence" n'est peut-être pas le mieux choisi, disons que je ferais mieux de dire "stimulation intellectuelle" car dans ce cas le lien fonctionne dans les deux sens, il y a une intelligence de l'érotisme, profonde, profondément sensuelle et une sensualité érotique évidente de l'activité intellectuelle. Là encore, plutôt que des discours philosophiques, il est peut-être préférable de donner quelques anecdotes.

La création me fait bander, au sens le plus trivial, matériel, du terme. Lorsqu'en effet il m'arrive de réaliser quelque chose de difficile et qui me satisfait, j'éprouve la même sensation physique devant cette abstraction que devant le corps nu d'une belle femme ou celui d'un bel homme jeune. Je jouis. C'est dans les activités les plus abstraites que cette jouissance se manifeste avec le plus de force : résoudre un problème ardu de mathématiques, trouver la solution d'un problème sur un échiquier, réussir à construire un algorithme informatique complexe m'amène toujours au bord de l'éjaculation. C'est une sensation physique étrange comme si un fluide (une onde, une vibration) partant du cerveau en train de travailler descendait le long de ma colonne vertébrale et s'arrêtait, s'accumulait au niveau des testicules, les remplissant lentement au point qu'il faille, de façon inévitable, un moment les vider. Dans les moments les plus intenses de cet état intellectuel érotique, il faut que je me caresse: je ne peux continuer à penser, créer sans me caresser et cette caresse accroit la capacité intellectuelle. Le summum se résoud dans l'éjaculation comme si, le cri du "Euréka" trouvait son double immédiat dans l'explosion sexuelle.

L'homme ne fait qu'un: cerveau et sexe et je ne jouis jamais autant que lorsque j'imagine jouir, lorsque l'imaginaire de la jouissance se fond avec cette jouissance elle-même.

Posté par hodges à 15:02 - Réflexion générale - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Fétichisme

Je suis un homme très ordinaire, mais il faut cependant que je vous parle de mes objets fétiches, ceux dont la vue seule me met dans un état de pré-excitation érotique ou décuplent mon plaisir quand je les rencontre en faisant l'amour. Je crois que chacun d'entre nous a ainsi un ou plusieurs objets de cette nature et, si ce n'est pas le cas, c'est qu'il ne les a pas encore trouvés car l'être humain tend à érotiser sa relation au monde et, pour cela, utiliser divers objets qui peuvent être transactionnels ou — comme me le fait remarquer un de mes attentifs lecteurs — transitionnels car il y a là plus qu'une nuance. Pour satisfaire à vos commentaires, il faut donc que je définisse, situation vous l'avouerez un peu difficile dans un récit. Je vais donc m'efforcer de le faire dans deux nouveaux "messages" respectivement intitulés "transactions" et "transitions"… Cependant laissez-moi un peu de temps. J'essaierai de plus de ne pas faire de "fautes" quoique… la faute me semble consubstantielle (n'y voyez pas de jeu de mot…) à l'aveu érotique et je trouve "phélasion" plus excitant que "fellation", "Bèz" plus que "baise", "Q" plus que "cul", "sotdosmis" que "sodomie", "plusbien" que "pubien"… car il y en a en eux quelque chose d'une transgression, un refus —ou une ignorance— des convenances plus adéquate au propos, une rupture de la fluidité tranquille du langage, comme une hésitation du sens devant le saut vers le presque inconnu… Pourtant je n'en abuse pas. Il faut que j'y réfléchisse, qu'un de ces jours je vous propose un texte en ce sens.

Mais ce n'est pas sur ce seul point que je ne suis pas cohérent avec ma pensée.

Posté par hodges à 09:29 - Fantasmes - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

07 décembre 2007

Mises à nu

Bien que, comme vous vous en doutez, je n'ai pas de problème matériel (peu-être même à cause de cela car héritier n'est pas un statut social), ma vie est des plus médiocres et le "je" que je pourrais exprimer dans une autobiographie n'aurait rien d'important ni d'intéressant à révéler pour quelque lecteur que ce soit. Rien qui mérite la moindre esquisse de narration. Mon "je" est un "je" vide.

Seule, me semble-t-il ma vie sexuelle présente quelque intérêt. Du moins est-ce dans ce domaine que je parviens à m'épanouir. Mais rien qui puisse s'apparenter à un quelconque "récit érotique", il n'y a pas de continuité, tout érotisme est morcelé, fragmentaire, discontinu, désarticulé, partagé entre de sublimes sommets d'extase et des gouffres d'abattements moraux insondables. Je ne suis que lorsque je baise; je baise donc je suis. Mais il m'est impossible (qui le pourrait?) de baiser en continu: post coïtum animal triste, les moments de jouissance extrême rabattent sur l'insupportable les moments où rien de tel n'a lieu. Entre deux périodes d'amour physique je suis comme un alcoolique assoiffé qui n'a plus d'autre vision dans l'existence que celle de l'alcool qui lui manque. Vieille thématique poétique de la séparation: en dehors de l'amour physique, je ne suis plus moi-même, tout m'est absence et séparation et je n'ai jamais connu d'autre amour que de cette sorte. La passion, cette gélatine molle qui va du rosâtre au rouge-sang, qui continue à entretenir d'innombrables radotages sentimentaux et fait la richesse de la plupart des séries télé est un sentiment qui me reste inconnu. Pourtant je ne suis pas un érotomane et ne crois pas être enfermé dans cette obsession car par ailleurs je vis. Pas de façon flamboyante certes mais je vis…

Posté par hodges à 14:47 - autobiographie - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]



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