29 juillet 2007
Ambivalences sexuelles
J'aime bien ceux de mes lecteurs qui s'indignent de ce que j'écris. Je cite l'un d'eux dans son orthographe inimitable:
"sérieu, ta rien a foutre?" (étonnant comme le sens des mots révèle l'inconscient, c'est justement parce que j'ai "foutu" et parce que j'ai encore "à foutre" que ce récit existe… continuons) "tes histoire sordide on réussi a me dégouter du sexe. petit bonhomme, tu peu pa prendre conscience que dans la vie, il n'y pas que le sexe, les sentiments tu sais?! non pas les sentiments d'envi de queuter partt a tir la rigot!" (j'aimerais que l'on me traduise…) "mais amoureux. de tte fasson, plu on en parle, moin on en fai! et débatre sur sa vie sexuelle, c'est que tu galère brave homme. c'est que je suis outré par ce que tu peu raconter, parler du sexe avc otan de machisme. je comprendrais jamais les mec comme sa. en tou cas, moi, je suis fort eureusemen pas le gende de mec que tu es. bref, tu es répugnan, dans le sexe, il n'y a pas que toi et ta bitte coco, tu c, les endroi ou tu la fourre, parfoi (jdi parfoi pour toi, on a limpression que tu la met un peu partou, répugnan) ce sont des femmes. tu sais? nan tu vois pas se ke c! je men doutais. finallemnt, tout ceux ci reflète que tu n'as aucune considération pour toi méme et ta "juste personne". bonne continuation dans ta vie déplorable. au moins elle aura servi a kelkchoze."
La vie est ainsi faite, tant de gens qui ne savent pas lire prennent leurs fantasmes pour la réalité. Je me demande par quel hasard ce lecteur en est arrivé jusqu'à moi car si je consulte les enregistrements de mes statistiques, il a demandé quelque chose comme "camp de nudiste" ou "baise avec ma cousine", peut-être même "baise avec mon cousin" ce qui révèle au moins une curiosité érotique. Qu'il (car je ne peux imaginer que ce texte soit celui d'une femme…) me relise donc — j'aurai au moins servi à quelque chose—, et cette fois avec attention, peut-être comprendra-t-il que la vie et le sexe sont inséparables…
Mais il a raison sur un point: il faudra aussi que je vous parle un jour d'amour même s'il est vrai cependant que je ne parle toujours que de ça car je ne peux baiser avec qui que ce soit sans éprouver pour lui un sentiment profond qui oscille entre la reconnaissance et l'amour. C'est pour cela sans doute que je n'ai jamais accepté de payer.
21 juillet 2007
La jeune femme du camping (03)
Faut-il rappeler que nous étions nus tous les deux et que, sous la voûte de son corps tendu, j'étais baigné dans ses odeurs de femme? Son sexe était si proche, sa peau avait une couleur de crème…
Elle glissa. Je suis persuadé que c'était intentionnel mais, tellement tendue vers les produits du fond de la banque frigorifique, il n'est pas impossible aussi que ce ne fût un accident…
Elle glissa, ses seins s'appuyèrent sur mon visage, s'effondra sur mon sexe, me sourit: je bandais au septième ciel. Elle sourit encore, prit ma bouche pour m'engloutir dans un immense baiser, sa langue chercha la mienne. Son corps humide de sueur s'allongea sur le mien, nous étions tous les deux moites de chaleur et de désir. Une de ses mains — la gauche me semble-t-il — me caressait la nuque, l'autre s'empara de mon sexe. Je lui étreins les fesses…
La suite, vous la connaissez, vous avez sûrement, comme moi, éprouvé mille fois le vertige de la jouissance sexuelle, cette lame de fond qui emporte tout sur son passage, décape les corps et les esprits les laissant à nus, désemparés, éblouis de ce vertige dans lequel ils ont cru se perdre…
Cependant, cette fois-là, se produisit un incident qui accrût encore ma jouissance et me fit ressentir un tel orgasme que ma partenaire fut à son tour emportée au-delà de ses espérances: pendant que nous nous caressions alors que, comme la plupart du temps, j'avais fermé les yeux pour mieux me concentrer sur les sensations tactiles de mon corps, un léger bruit me les fit rouvrir. Nous étions dans mon magasin, la porte était ouverte, je savais, même si la situation tendait à me le faire oublier, qu'à tout moment un client pouvait arriver (et je me suis demandé par la suite si ce n'était pas cette possibilité de surprise qui avait ainsi excité ma partenaire inconnue). Dans l'éblouissement solaire de la porte, une jeune fille, une adolescente autant que me permettait d'en juger la violence de la lumière qui l'enveloppait, nous regardait. Elle ne fit rien, ne dit rien, resta là, attentive, portier inattendu surveillant nos ébats… Je la regardai à mon tour profitant totalement de sa présence silencieuse. Il me semblait que c'était à elle que je faisais l'amour et non au corps de femme qui m'occupait… Dans l'intensité explosive de l'orgasme, je fermais à nouveau les yeux. Quand je les rouvris, la silhouette adolescente avait disparue et seule la brutalité du soleil emplissait la porte.
Je ne sus jamais qui nous avait ainsi regardé participant à distance à la jouissance qui fut la mienne et celle de cette jeune femme dont je n'ai jamais rien su et qui dût quitter le camping car je ne la revis jamais plus.
15 juillet 2007
Érotisme et lecture
Il est difficile de lire: les statistiques de ce blog m'obligent à en prendre conscience qui, malgré une fréquentation en hausse n'enregistre que des temps de lecture dérisoirement courts. Vous cherchez des images, il est vrai que vous en trouverez à foison dans les sites pornos gratuits ou non.
En ce qui me concerne, je considère que les textes sont plus érotiques que les images. Peut-être moins pornographiques, mais je n'en suis même pas sûr. Les mots "bitte", "cock", "chatte", "pussy" sont plus évocatif que la cinq millième photo d'un sexe d'homme ou de femme car ils les renferment toutes et au-delà permet d'en imaginer de nouvelles… Je ne vous proposerai donc ni photo ni dessin et, en ce sens, je réprouve un peu le choix de mon ami Marc Hodges qui dans son site de poèmes érotiques s'appuie par trop sur le dessin…
A vous de juger. Mais je suis convaincu que beaucoup se rangeront à mon avis. Il y a, bien sûr, la barrière des langues et lisant les commentaires que vous laissez je me rend compte à quel point elle peut être insidieuse: ne comptez pas sur moi pour des inscriptions de chiotte, j'ai passé l'âge de l'adolescence qui, le cerveau trop encombré par l'urgence de ses pulsions érotiques, perd bien souvent l'usage de la parole. J'ai toujours préféré la séduction des mots et considère que lorsqu'elle aboutit à une séduction physique complète elle enlève vers le paradis des corps.
Mais je parle trop… Ce que vous voulez ce sont des actes. Et bien qu'il y ait dans cette attitude quelque chose de la prostitution, je vais m'efforcer de vous satisfaire.
08 juillet 2007
La jeune femme du camping (02)
La jeune femme qui était entrée dans mon épicerie ne semblait pas pressée: elle passait avec soin en revue un rayon après l'autre comme si elle cherchait un produit particulier bien précis ou, au contraire, comme si, ne sachant pas vraiment ce qu'elle désirait, elle attendait de trouver un produit qui satisferait un besoin indéfini.
Elle ne semblait pas me voir et je feignais ne pas la regarder pourtant car bien que mes clients soient nus et n'aient pas beaucoup de possibilité de dissimuler d'éventuels larcins, je me devais d'être méfiant; plusieurs d'entre eux savaient en effet profiter de mes moments d'inattention…
Elle parcourait systématiquement les rayons et sa trajectoire devait inévitablement l'amener vers moi.
Elle s'approcha donc. Je feignais ne pas m'intéresser à elle. J'étais — comme je l'ai déjà dit — affalé dans mon vieux fauteuil devant la banque frigorifique, elle approcha encore comme si elle voulait y prendre un produit quelconque, se pencha, se pencha sur moi. Comme par inadvertance sa poitrine effleura mon visage. Elle était au-dessus de moi, juste au-dessus de moi; j'étais dans la bulle de son odeur, mélange fruité de parfum (cannelle, vanille) et d'odeur corporelle (poivre, muscade, citron vert) et sentais en même temps tout ce qu'il y avait de provoquant dans sa posture. Je ne bougeais pas, n'osais pas bouger, plonger le nez dans ma lecture. Elle se pencha encore, se tendit pour saisir un produit que je ne voyais pas: son corps effleurait mon visage; je ne pouvais m'empêcher de bander mais j'étais trop jeune alors ou trop timide ou trop naïf ou trop peu sûr de moi pour prendre le moindre initiative.
01 juillet 2007
Cousins et cousines
Cousins et cousines jouent un grand rôle dans les mots-clefs par lesquels certains d'entre vous accèdent à ce blog, il aurait donc fallu que je vous raconte une anecdote à ce sujet mais, disons-le tout de suite, dans ma famille je n'ai jamais eu de cousines pourtant certaines jeunes filles n'ont pas manqué de jouer un rôle dans mon initiation sexuelle: il faudra aussi que j'en parle.
